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218 av. J.-C. : Première mention historique des Allobroges : Annibal ayant franchi les Pyrénées, pour se rendre en Italie au travers des Gaules, " passe le Rhône (dit Polybe), à une distance de quatre jours de marche au-dessus de son embouchure dans la Méditerranée. Il en remonte ensuite la rive gauche et arrive le quatrième jour dans un pays appelé Ile à cause de sa situation, et semblable pour la grandeur et la forme au Delta d'Egypte, car les deux rivières, le Rhône et l'Isère, coulant chacune le long d'un de ses côtés, lui donnent une figure en pointe à leur confluent. Les habitants de ce pays étaient alors partagés entre deux frères. Annibal ayant pris parti pour l'aîné, ce prince fournit libéralement de provisions l'armée carthaginoise et distribua aux soldats des armes neuves, ainsi que des vêtements et des chaussures pour les mettre en état de passer les montagnes. Enfin, et ce fut là son plus grand service, il forma avec ses troupes l'arrière-garde des Carthaginois qui craignaient d'être attaqués pendant leur passage sur le territoire des Gaulois appelés Allobroges; et il assura ainsi leur marche jusqu'à l'entrée des Alpes.
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125 av. J.-C. : L'an 629 de Rome, les Romains, à la sollicitation des Marseillais, déclarent pour la première fois la guerre aux Gaulois transalpins et le consul M. Fulvius fait subir une défaite aux Salluviens ou Salvyens (peuple au nord de Marseille). - Deux ans plus tard, le proconsul C. Sextius les attaque de nouveau, distribue leurs terres aux Marseillais, et fonde la ville d'Aix (en Provence), appelée de son nom Aquae Sextiae.
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121 av. J.-C. : Les Allobroges ayant donné asile à Teutomalius, roi des Salluviens, et s'étant en outre réunis aux Arvernes (peuple de l'Auvergne), commandés par leur roi Bituitus, pour faire la guerre aux Eduens (peuple des environs d'Autun), les Romains s'allient avec ces derniers et promettent de les secourir.- Cneius Domitius, en qualité de proconsul, défait les Allobroges et leurs alliés dans un combat livré à Vindalium (bourg près d'Avignon). Puis le roi Bituitus, ayant reformé son armée et s'étant de nouveau réuni aux Allobroges, ils sont définitivement vaincus par Q. Fabius Maximus, consul, dans une bataille livrée à l'ouest du Rhône, en face de la jonction de l'Isère avec ce fleuve. - Le succès de Fabius lui valut le surnom d'Allobrogicus.
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120 av. J.-C. : Après la victoire de Q. Fabius, les Allobroges furent soumis aux Romains, Allobroges in deditionem accepti, et formèrent le premier noyau de la Province transalpine. Cette province, qui comprenait tous les peuples gaulois dans la dépendance de Rome au delà des Alpes, est appelée par César Provincia ou Provincia ulterior, ou Gallia ulterior.- Elle prit plus tard le nom de Narbonensis lorsque Narbonne (où le consul Marcius avait fondé une colonie romaine) fut devenue le chef-lieu de la province.
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De 113 à 107 av. J.-C. : Lors de l'invasion des Cimbres et des Teutons, quelques tribus des Helvètes ou Helvétiens s'étant jointes à eux pour se jeter sur les Gaules, le consul Lucius Cassius en vient aux mains avec les Tigurins et leur chef Divicon. Il est vaincu par ceux-ci l'an 107 av. J.-C, dans un combat qui a lieu vers la frontière des Allobroges, in finibus Allobrogum. Le consul et son lieutenant Pison ayant été tués, leurs soldats sont forcés de passer sous le joug.
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63 av. J.-C. : A l'époque de la conjuration de Catilina, des députés allobroges se trouvaient à Rome : ils y avaient été envoyés pour se plaindre des impôts qui écrasaient leurs concitoyens et de l'état d'oppression où les tenaient les gouverneurs romains. Les complices de Catilina profitant de ce mécontentement et du goût inné des Allobroges pour la guerre, naturâ gens bellicosa, obtiennent des députés l'engagement d'envoyer en Italie un corps de cavalerie; Céthégus, l'un des conjurés, leur remet une lettre adressée au Sénat et au peuple des Allobroges, Allobrogum senatui et populo, pour les inviter à tenir les promesses faites par leurs députés; toutefois, ceux-ci, s'étant repentis, dévoilent la conjuration à leur patron Q. Fabius Sanga, mais continuent, d'après les conseils de Cicéron, leurs relations avec les conjurés. A leur départ de Rome, ils sont arrêtés ainsi que ces derniers, puis récompensés pour leur délation.
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62 av. J.-C. L'entreprise de Catilina fut néanmoins pour les Allobroges une occasion et un motif de se révolter contre les Romains dont ils supportaient mal le joug, civitas male pacata. Commandés par Catougnat, ils livrent quelques combats partiels aux généraux romains et s'emparent même de Ventia (Vence, Var); mais ils sont ensuite vaincus à Salone (Salon, Bouches-du-Rhône) et définitivement soumis par C. Pomptinius, chef de la province romaine.
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62 av. J.-C. : Jules-César vient à Genève et s'oppose au passage du Rhône par les Helvétiens. Dans ses commentaires (De bello gallico, I, c. 6-8), il rend compte comme suit de la position de Genève et des événements accomplis aux environs de cette ville.
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58 av. J.-C. : Les Allobroges sont chargés par César de fournir du blé aux Helvétiens, lorsque ceux-ci, après leur défaite à Bibracte, sont contraints de rentrer dans leurs foyers
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57 av. J.-C. : Servius Galba est envoyé par César, pour assurer le passage des Alpes, chez les Nantuates, les Véragres et les Sédunes, in Nantuates, Veragros, Sedunosque misit, qui ab finibus Allobrogum et lacu Lemanno et flumine Rhodano ad summas Alpes pertinent. Il veut établir son quartier d'hiver à Octodorum (Martigny en Valais), mais attaqué par les Véragres et les Sédunes, il les repousse, brûle Martigny et ramène sa légion chez les Allobroges, en passant par le pays des Nantuates
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52 av. J.-C. : Pendant la lutte que soutient César contre les Gaulois confédérés, les Allobroges demeurent sourds aux " messages clandestins " que leur adresse Vercingétorix pour les détacher des Romains. C'est en vain que celui-ci, espérant que leur ancienne animosité contre Rome subsistait encore, offre à leurs chefs de l'argent, et à leur nation la suprématie de toute la Province, s'ils veulent faire cause commune avec le reste des Gaulois. Loin de se laisser entraîner, les Allobroges placent au contraire, le long du Rhône, des postes nombreux pour protéger la frontière romaine.
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De 59 à 39 av. J.-C. : Deux frères Allobroges, Roscillus et Aegus, fils d'Abducillus, ancien chef de cette nation, sont cités par César comme des hommes d'un rare mérite qui lui ont rendu de grands services dans toutes les guerres de la Gaule. César raconte qu'il les en avait récompensés en leur donnant des terres, en leur confiant des charges importantes et en les faisant admettre dans leur sénat avant l'âge prescrit; mais ces bienfaits leur ayant inspiré de l'arrogance, ils avaient commis envers leurs concitoyens des injustices, dont il s'était borné à les réprimander en secret. Irrités toutefois de ces remontrances et craignant que le châtiment ne fût que différé, ces deux frères l'ont abandonné et se sont rendus, avec leurs complices, au camp de Pompée, pour lequel l'arrivée de ces transfuges avait d'autant plus d'importance, qu'ils étaient les premiers, du côté de César, à donner l'exemple de la défection.
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De 59 à 39 av. J.-C. : Dans les guerres civiles entre César et Pompée, les Allobroges paraissent avoir pris parti pour ce dernier, César les combat, et se fait décerner le triomphe.
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42 av. J.-C. Après la mort de César, les partisans du Sénat, adversaires d'Octave et d'Antoine, tenaient les Gaules sous leur dépendance. Les Allobroges sont spécialement signalés comme favorables à la cause républicaine ; et l'on voit D. Brutus et Plancus prendre leur territoire, dont l'Isère continuait à former la limite méridionale, comme base des opérations militaires contre les troupes d'Antoine.
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De 27 à 22 av. J.-C. : Auguste, lors du partage qu'il effectue entre le Sénat et lui des provinces soumises à Rome, se réserve la Narbonaise, ainsi que les trois autres provinces gauloises au delà des Alpes (tres Galliae), savoir : l'Aquitaine, la Lyonnaise ou Celtique, et la Belgique. - Cinq ans plus tard, la Narbonaise rentre sous la direction du Sénat et du peuple de Rome; elle est dès lors gouvernée par un Proconsul, ayant sous ses ordres un lieutenant, legatus, et un questeur chargé de l'administration financière.
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De 54 à 44 av. J.-C. : Une colonie de cavalerie est établie à Nyon, chez les Helvétiens. On attribue cette fondation, ou à Jules-César, après qu'il eut contraint ce peuple à rentrer dans ses limites, ou à l'empereur Auguste. - Pline, qui écrivait l'an 77 ap. J.-C. est le premier auteur qui parle de cette ville; il la cite comme une des deux colonies situées dans la Gaule Belgique, Coloniae : Equestris et Rauriaca. - Elle est mentionnée dans Ptolémée ; dans l'itinéraire d'Antonin sous celui de Equestribus ou Equestrium ; dans la Table de Peutinger, sous celui de Colonia equestris; enfin dans la Notice des cités des Gaules, sous celui de Civitas Equestrium Noiodunus. Les inscriptions l'appellent Colonia equestris, Julia equestris, Civitas equestrium.
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10 av. J.-C. : Notions sur les Allobroges données par Strabon: - " De l'Isère jusques à Vienne, capitale des Allobroges, située sur le Rhône, il y a 320 stades (45 kilom.). A quelque distance au-dessus de Vienne, se trouve Lyon, au confluent de la Saône et du Rhône. Il y a entre les deux villes une distance d'environ 200 stades (37 kilom.) en traversant à pied le pays des Allobroges, et un peu plus forte en remontant le fleuve. Jadis les Allobroges ont entrepris, au nombre de plusieurs myriades, des expéditions guerrières, mais maintenant ils cultivent les plaines et les vallées qui se trouvent dans les Alpes. La plupart d'entre eux vivent dans des villages, tandis que les plus distingués occupent Vienne, qui, jadis une bourgade, bien qu'elle portât le titre de capitale de la nation, est par leurs soins devenue une ville. Elle est bâtie sur le Rhône, qui descend des Alpes avec des eaux abondantes et impétueuses ; puis, traversant le lac Léman, il y laisse discerner son cours sur l'espace de plusieurs stades; courant ensuite entre les territoires des Allobroges et des Ségusiens, il se réunit à la Saône, près de Lyon
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Dans les guerres civiles qui suivent la mort de Néron, les Allobroges se déclarent en faveur de Galba, et lui rendent de grands honneurs dans Vienne, leur capitale. Après la mort de Galba, Vienne est ravagée par les troupes de Vitellius. Enfin, après la mort de Vitellius, toute la Narbonaise se range sous Vespasien.
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Délimitation entre les Viennois et les Ceutrons. - Cneius Pinarius Cornélius Clémens, propréteur de la Germanie supérieure, procède, en qualité de légat de l'empereur Vespasien, à la fixation des limites entre le territoire des Viennois (Gaule narbonaise) et celui des Ceutrons (appartenant à la province dite Alpes graiae et penninae, qui faisait alors partie de l'Italie). Une inscription découverte, en 1853, à Larioz, sur le versant occidental de la Forclaz du Prarion, non loin des bains de Saint-Gervais, en Faucigny, consacre cette délimitation et fait connaître l'orthographe du nom des Ceutrons (Tarentaise), appelés Centrons par la plupart des auteurs anciens.
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Pline l'ancien, dans son exposé sommaire de géographie, décrit toutes les provinces de l'Empire, et, en parlant de la Narbonaise, il dit qu'en raison de sa culture, de la civilisation et de l'opulence de ses habitants, elle est à la tête des provinces, si même elle n'est pas plutôt Italie que province, Italia verius quam provincia. Au nombre des peuples qui l'habitent, il cite les Allobroges, et chez ceux-ci une colonie romaine, Vienna Allobrogum. Il ne mentionne pas Genève, mais parle ainsi du cours du Rhône : Multo Galliarum fertilissimus Rhodanus amnis, ex Alpibus se rapiens per Lemanum lacum.
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L'empereur Antonin Caracalla accorde à tous les habitants de l'empire, de condition libre, le droit de cité romaine.
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Genève figure dans l'Itinéraire dit d'Antonin, comme une des stations de la route conduisant de Milan à Strasbourg.
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Genève est mentionnée dans la Table de Peutinger
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Ammien Marcellin, décrivant les Gaules, les distingue en douze provinces, dont l'ancienne Narbonaise forme deux : la Narbonensis, chef-lieu Narbonne, et la Viennensis, chef-lieu Vienne ; il est le premier auteur qui parle du pays appelé Sapaudia.
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Concile d'Aquilée. Diogenès, évêque(de Genève?), y assiste. Concilium aquilejense tempore Damasi Papae I celebratum. Episcopi qui huic concilio interfuerunt ... Diogenes episcopus Genuensis, etc. - Les actes de ce Concile constatent un démembrement de la Viennoise, constituant une nouvelle province sous le nom de Narbonensis secunda, chef-lieu Aix (en Provence).
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Division politique et administrative des Gaules d'après la Notitia dignitatum imperii romani tam civilium quam militarium. - Cette Notice, que l'on croit avoir été dressée sous l'empereur Honorius, après le partage de l'empire, fait connaître les noms de toutes les dignités tant civiles que militaires, ainsi que les divisions administratives pour l'empire d'Orient et pour celui d'Occident. Chacun d'eux était partagé entre deux Préfectures qui étaient, pour l'Occident, l'Italie et les Gaules.- Le Préfet du prétoire des Gaules, dont la résidence était Trêves, avait sous son administration trois diocèses : l'Espagne, la Bretagne et les Gaules. Chacun de ces diocèses était gouverné par un Vice-Préfet, Vicarius, et divisé en provinces. - Les provinces des Gaules étaient au nombre de dix-sept, savoir : Viennensis, Lugdunensis prima, Germania prima, Germania secunda, Belgica prima, Belgica secunda, Alpes maritimae, Alpes penninae et graiae, Maxima sequanorum,, Aquitania prima, Aquitania secunda, Novempopuli, Narbonensis prima, Narbonensis secunda, Lugdunensis secunda, Lugdunensis tertia, Lugdunensis senonia. - Enfin les six premières de ces provinces étaient gouvernées par des Proconsuls, Consulares, et les onze dernières par des Présidents, Praesides.
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Division en civitates de chacune des provinces des Gaules. - Cette division est mentionnée dans un document dont il existe plusieurs manuscrits datant d'époques différentes, savoir : - A. Notitia provinciarum et Civitatum antiquae Galliae, Honorii Augusti, ut videtur, temporibus condita. D'après cette Notice, que l'on suppose être du temps d'Honorius, Genève était la première, après la métropole, mentionnée parmi les civitates de la province Viennoise. Provincia Viennensis numero XIII. Metropolis civitas Viennensium (Vienne). Civitas Genavensium (Genève). Civitas Gratianopolitana (Grenoble). Civitas Albensium, al. Alpensium (Aps, près Viviers). Civitas Deensium (Die). Civitas Valentinorum (Valence). Civitas Tricastinorum (Saint-Paul-Trois-Châteaux). Civitas Vasensium (Vaison). Civitas Aurosicorum (Orange). Civitas Cabellicorum (Cavaillon). Civitas Avennicorum (Avignon). Civitas Arelatensium (Arles). Civitas Massiliensium (Marseille). Quant à la province Maxima Sequanorum, on y distinguait quatre civitates : Metropolis civitas Vesonciensium (Besançon), civitas Equestrium Noiodunus (Nyon), civitas Elvitiorum Aventicus (Avenches), civitas Basilensium (Bâle); puis on y trouvait trois castra: Vindonissense, Ebredunense, Rauracense, et un portus Abucini (Port-sur-Saône). - B.Capitulatio de nominibus regionum Galliae, ex duobus pervetustis codicibus manuscriptis qui asservantur in bibliotheca viri illustris Francisci Thuani, Iacobi Augusti filii. Ces manuscrits publiés par Duchesne, donnent, pour la province Viennoise, les mêmes civitates que la Notice ci-dessus (A) en ajoutant civitas Carpentoratensium (Carpentras). En outre, Genève y est désignée sous le nom de civitas Genevensium idem et Palustria. - C. Notitia provinciarum vel civitatum regionis Galliae, ex codicibus clarissimi Philiberti de Sault, senatoris Burdegalensis. - D. Un dernier manuscrit de cette notice, celui dit de Petau, mentionne Gondebaud et est d'une date évidemment postérieure aux précédents. Voy. ci-après : [47].
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L'auteur de la vie de saint Romain (fondateur, avec son frère Lupicin, du couvent de Saint-Claude, Jura) mentionne un voyage que ce religieux aurait fait à Genève, les guérisons de lépreux qu'il y aurait opérées, et les honneurs dont il y aurait été entouré à son arrivée et à son départ. Cumque digressus Genavam, etc.
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Saint Eucher, évêque de Lyon, mentionne Isaac, évêque de Genève, comme étant mort depuis peu de temps, et comme ayant raconté à des personnes dignes de foi l'histoire des martyrs de la légion thébéenne, histoire qu'il aurait apprise de l'évêque Théodore. Ab idoneis auctoribus rei ipsius veritatem quaesivi... qui affirmabant ab episcopo Genavensi sancto Isaac, hunc quem retuli passionis ordinem cognovisse, qui, credo, rursum haec retro a beatissimo episcopo Theodoro (Octodurensi sive Sedunensi) viro temporis anterioris acceperat.
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Salonius, évêque (de Genève?), assiste au premier concile d'Orange.
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Salonius, évêque (de Genève?), écrit, avec deux autres évêques, Veranus et Ceretius, au pape Léon I, pour approuver la lettre que le pontife se propose d'adresser à l'évêque de Constantinople. Ils lui demandent, toutefois, d'y faire quelques changements. Sancta manu vestra emendatam.... Salonius, venerator vester, apostolatum vestrum in Domino saluto.
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INSCRIPTIONS ROMAINES : Les inscriptions concernant le territoire de l'ancien diocèse de Genève, qui appartiennent à la période romaine sont d'une grande importance pour l'histoire, mais elles échappent à une véritable analyse, et sont, d'autre part, trop nombreuses pour être reproduites dans un Régeste ; on se bornera donc à transcrire ici les deux inscriptions qui portent le nom de Genève, et pour les autres, à mentionner, d'après leurs localités, les ouvrages où l'on peut en consulter les textes. VOIR LES IMAGES CI-JOINTES
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La Sapaudia est assignée aux débris des Burgondes. Elle est divisée entre eux et les indigènes.
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Le pape Léon Ier, pour régler les prétentions de chacune des Églises d'Arles et de Vienne à être la métropole de toute la Viennoise, fixe les circonscriptions de ces deux sièges, et attribue à l'évêque de Vienne la suprématie sur les évêchés de Valence, de Tarentaise, de Genève et de Grenoble.
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Proculeianus, évêque de Genève (?), est au nombre des prélats qui, réunis à Arles sous la présidence de Ravennius, approuvent la lettre du pape Léon au Concile de Chalcédoine contre l'hérésie d'Eutyche.
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Les Burgondes occupent une nouvelle portion des Gaules et en divisent les terres entre eux et les sénateurs gaulois.
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Le géographe anonyme de Ravenne, qui écrivait au septième siècle environ, emprunte, pour la description de la Bourgogne, ses renseignements à trois auteurs anciens : Castorius, Lollarius et Ebitio. D n'indique pas leur date, mais les désigne sous le nom de philosophi Romanorum. En énumérant d'après Castorius les villes de la Burgundia, il mentionne comme situées près du Rhône, juxta fluvium Rhodani, celles de : Octodurus (Martigni), Taronos (Saint-Maurice), Pennolocus (Villeneuve), Bibiscon (Vevey), Lausanna (Lausanne), Equestris (Nyon), Genua (Genève), Condate (Seyssel), etc.
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Lupicin, fondateur du couvent de Saint-Oyen de Joux (ou Saint-Claude, Jura), étant avancé en âge, se rend auprès du roi Chilpérich, auquel obéissait alors la Bourgogne et qui, à ce qu'il avait appris, habitait la ville de Genève. Il demande au Roi des vivres et des vêtements pour ses religieux. Chilpérich ordonne que le fisc leur fournisse chaque année trois cents muids de froment, trois cents muids de vin, et cent pièces d'or pour leur habillement.Lupicinus autem jam senex factus, accessit ad Chilpericum regem, qui tunc Burgundiae praeerat. Audierat enim eum habitare apud urbem Janubam, etc.
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Concile d'Arles, assemblé pour blâmer les erreurs propagées par le prêtre Lucidus. Les prélats réunis dans ce concile provincial adressent la protestation qu'ils ont rédigée à ceux de leurs collègues de la même province qui n'ont pas pu y assister. Au nombre de ceux-ci est Theoplastus....
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Grégoire de Tours et Frédegaire racontent que Gondebaud fit périr par le glaive son frère Chilpérich ainsi que la femme et les deux fils de celui-ci, et condamna à l'exil ses deux filles, dont l'aînée, qui prit l'habit de religieuse, s'appelait Sédeleube ou Chrona, et la plus jeune Clotilde.
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Aurélien, patrice romain, envoyé de Clovis, roi des Francs, est chargé de demander pour son maître la main de Clotilde (fille de Chilpérich). Il vient à cet effet à Genève, où Clotilde demeurait avec sa soeur Sédeleube, et lui fait secrètement sa commission déguisé en mendiant. Clotilde accepte la proposition et devient femme de Clovis qu'elle convertit au christianisme.
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Epiphane, évêque de Pavie, envoyé auprès des Princes burgondes pour traiter de la liberté des captifs faits en Ligurie, vient à Genève, résidence de Godégisèle, frère du roi Gondebaud.
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Godégisèle, en lutte avec son frère Gondebaud, invoque le secours de Clovis. Gondebaud, battu d'abord à Dijon par les armées combinées des Francs et des Bourguignons, se réfugie à Avignon; puis, ayant fait la paix avec Clovis, il attaque Godégisèle qui occupait Vienne, s'empare de cette ville, fait mettre à mort son frère ainsi que plusieurs de ses adhérents, et devient seul maître de toute la Bourgogne.
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Plusieurs évêques, les uns orthodoxes, les autres ariens, sont convoqués, en présence de Gondebaud, pour une discussion au sujet des différences religieuses qui les séparent. Avitus, évêque de Vienne, et Aconius, évêque d'Arles, sont mentionnés comme orthodoxes. Les prélats ariens étaient : Etienne, Boniface et Aridius; mais leurs diocèses ne sont pas nommés. Le lieu de la conférence n'est pas indiqué.
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Gondehaud restaure Genève et en agrandit l'enceinte. Le premier de ces faits résulte d'un exemplaire de la Notice des Gaules, rédigé probablement dans le sixième siècle et qu'on a retrouvé dans le manuscrit dit de Petau, édité par Duchesne, t. II, p. 15, et par Dom Bouquet, t. II, p. 10. D'après cette Notice, la province viennoise est divisée en quatorze civitates au nombre desquelles est Genève ; il est dit que cette ville a été restaurée par Gondehaud, et des renseignements historiques sont aussi donnés sur d'autres localités. - Regionis Galliae provincia Viennensis habet civitates numéro XIV: Metropolis civitas Viennensium; civitas Gennavensium, quae nunc Geneva, a Gundebado Rege Burgundionum restaurata; civitas Gratianopolitana a Gratiano constructa, etc. L'agrandissement de l'enceinte peut être déduit des fragments d'une inscription trouvée à Genève lors de la démolition de l'arcade du Bourg-de-Four, lue comme suit par Ed. Mallet et rapprochée, par cet auteur, du passage contenu dans la Notice des Gaules : [GVNDE]BADVS REX CLEMENTISS[IMVS] EMOLVMENTO PROPR[I]O SPATIO MVLT[IP]LICAT[0]
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Le pape Symmaque, dans une lettre adressée à tous les évêques des Gaules, confirme la répartition de diocèses faite par le pape Léon I, entre les églises d'Arles et de Vienne, en sorte que cette dernière continue à avoir la suprématie sur les évêchés de Valence, Tarentaise, Genève et Grenoble.
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Vacance du siège épiscopal de Genève. Il est offert au sénateur Florentius, qui refuse cette dignité.
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Digismond est proclamé roi par l'ordre de son père Gondebaud. Cette proclamation a lieu près de Genève, dans un endroit appelé Quadruvium.